COVID19 : Impact sur les transactions de concessionnaires
Maxime Theoret avril 14, 2020

L’année 2020 s’annonçait comme la plus active au niveau des transactions au Canada lorsque comparé avec la dernière décennie. Le Québec ne faisait pas exception. Au contraire le marché québécois était très actif ces derniers mois. Plusieurs transactions ont été conclues entre acheteur et vendeur dans le mois précédent le début de la pandémie. Du jour au lendemain, les priorités des concessionnaires automobiles ont été complétement chamboulées. On ne parlait plus d’opportunité de croissance et d’acquisition, mais plutôt de gestion de la trésorerie, mise-à-pieds et programmes d’aides gouvernementales.

Le climat actuel :

Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons pas encore atteint le fameux pic de la crise au Québec. Toutefois, le choc initial semble être passé et maintenant on s’organise, on s’adapte à la nouvelle réalité et on planifie le retour au travail. Pour ce qui est de toute les transactions qui sont en cours, les délais sont allongés afin de permettre à tous de s’adapter et de bien comprendre les implications de la crise actuelle. La grande majorité des transactions vont aller de l’avant. Les investisseurs réalisent que malgré l’intensité de cette crise, les perspectives à long terme demeurent très bonnes pour notre industrie.

Il y a même eu des clôtures de transactions en plein milieu de crise, à la fin mars. Alors, que la plupart des clôtures cédulées pour la fin mars ont été repoussé plus tard en mai ou juin, certains ont décidé de conserver les échéances initialement proposées.

Conseils aux acheteurs :

La majorité des acheteurs demeure motivés à faire des acquisitions. L’investisseur avisé réalise qu’à long terme les conséquences de la crise actuelle ne devraient pas avoir d’impact sur leur stratégie d’investissement et de croissance. C’est un peu comme les stratégies d’investissements à la bourse : il n’est jamais recommandé de tenter de prédire le marché à court terme, il faut plutôt avoir une vision long terme. De plus, les transactions peuvent prendre, en moyenne, neuf à onze mois entre le début des négociations jusqu’à la clôture. Il est réaliste de penser que durant ce délai, les impacts de la crise sur les opérations des concessionnaires automobiles seront estompés et que les entreprises pourront fonctionner normalement. Il faut s’attendre à ce que la réalité des opérations automobiles dans un an soit différente de celle pré-crise. Il n’en demeure cependant pas moins que les concessionnaires automobiles sauront s’ajuster comme ils l’ont toujours fait par le passé car nous sommes une industrie très résiliente. Après la crise financière majeur de 2008, plusieurs concessionnaires automobiles ont réalisé des profitabilités records et les « retours sur l’équité investie » a rebondi à un niveau encore plus élevé qu’en 2007 avant la crise soit. Ceci a souvent été le cas pour les années qui ont suivi les différentes récessions économiques dans le passé et ce pour toutes industries confondues.

Notre meilleur conseil aux acheteurs est de rester concentrer. Les opportunités intéressantes sont rares et limitées principalement, car les acheteurs sont souvent très précis au niveau de la marque et de l’emplacement géographique. Il serait dommage de manquer de belles opportunités dans le contexte actuel et, au risque de se répéter, la vision à long terme devrait être au cœur de toute bonne stratégie de croissance par acquisition.

Et pour les vendeurs :

Il n’y a pas de recette magique, c’est vraiment du cas par cas. Pour ce qui est des vendeurs à plus ou moins long terme, il s’agit d’un moment parfait pour prendre une pause des opérations quotidiennes afin de refléter sur une stratégie de sortie. La grande majorité des entrepreneurs canadiens n’ont pas nécessairement de plan de retraite formel. En effet, selon un sondage de la Fédération Canadienne de l’entreprise Indépendante*, 39% des propriétaires de PME planifient de quitter leur entreprise dans les 5 prochaines années et 81% ont l’objectif de prendre leur retraite. Plus de la moitié des entrepreneurs, soit 51%, n’ont un plan de succession ou planification de relève et seulement 8% ont un plan formel et écrit.

Mon conseil pour chacun des 39% de propriétaires qui souhaitent se retirer de son entreprise d’ici 5 ans serait de se concentrer en priorité sur un plan de succession défini. Il n’y a pas de meilleur moment pour passer à l’action et débuter le processus. Plusieurs profitent de cette période pour mettre à jour ou effectuer une première évaluation rigoureuse de leur entreprise afin d’en comprendre sa valeur. C’est également un bon moment d’avoir des discussions avec la relève potentielle afin de bien comprendre les intentions de chacun et la capacité financière. Après tout, si on passe une carrière à bâtir son entreprise, il serait avisé de passer un peu de temps à bien planifier sa retraite.

*https://www.cfib-fcei.ca/sites/default/files/2018-11/Reussir-la-releve-rapport-planification-releve.pdf

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